An English version of this article is published on PositiveLite.
L’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) et vient de publier un consensus d’experts (version intégrale ici) à l’effet que la charge virale indétectable sert à réduire le risque de transmission du VIH à un niveau qualifié de «négligeable ou très faible » pour des activités autrement à risque élevé. Ce consensus est soutenu par un avis de santé publique publié par le Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Bien sûr, ce consensus s’articule en fonction de plusieurs principes précis, et il est important de bien comprendre les conditions qui s’appliquent à cet énoncé.
Six conditions incontournables, commentées :
1. Partenaires stables et exclusifs
Le Consensus offre une définition vague de « engagés l’un envers l’autre » et fait référence à l’étude HPTN052 qui exigeait que le couple soit formé depuis au moins trois mois. La stabilité et l’exclusivité servent à éliminer beaucoup d’incertitudes par rapport à l’exposition à d’autres ITSS, surtout dans un contexte où les deux partenaires sont dépistés régulièrement. (Dans l’étude HPTN052 il y a eu des transmissions du VIH, mais en dehors du couple.)
2. Aucune autre infection transmise sexuellement ou par le sang (ITSS)
Nous savons que la présence d’une autre ITSS peut avoir un impact sur la charge virale et sur les possibilités de transmettre ou de contracter le VIH, les irritations et lésions offrant des portes d’entrée au virus. Donc, il est clair que l’absence d’ITSS offre plus de certitude par rapport au maintien d’une charge virale indétectable et à d’autres facteurs.
3. Le partenaire séropositif a une charge virale indétectable sur au moins deux mesures consécutives sur une période de six mois
Comme la plupart des personnes vivant avec le VIH ont des tests de charge virale seulement trois ou quatre fois par année, l’exigence de tests consécutifs sur une période définie sert à assurer la stabilité de la charge virale. S’il y a une brusque remontée (un « blip ») on remet le compteur des mois d’indétectabilité à zéro à partir du prochain résultat de charge virale indétectable.
4. Le partenaire séropositif a un taux d’adhérence aux médicaments de 95% ou plus
Ce 95% d’adhérence nous est familier comme référence : c’est le taux d’adhérence requis pour s’assurer que le virus ne développe pas des mutations résistantes aux composantes du dosage du traitement. Mutations et résistances mènent à la détectabilité et à des risques accrus de transmission (pour ne pas parler de l’effet sur la santé de la personne elle-même!).
5. Les deux partenaires ont un suivi médical régulier avec dépistage d’ITSS, mesure de charge virale pour le partenaire séropositif et dépistage du VIH pour le partenaire séronégatif
Cette condition est posée comme garantie des conditions 2 et 3 (absence d’ITSS, charge virale indétectable). Un bon suivi médical identifierait des variations de la charge virale et repérerait rapidement une transmission au partenaire auparavant séronégatif.
6. Les deux partenaires ont un counseling approprié et régulier qui touche les conditions énumérées ci-dessus, la réduction des risques, le port du condom et (pour le partenaire séropositif) les aspects légaux et les conséquences possibles de la non-divulgation du statut sérologique à son partenaire
Le counseling sert à offrir aux partenaires l’opportunité de s’informer et de valider leur compréhension de l’ensemble des éléments précédents. À long terme, ces sessions de counseling permettront également de communiquer aux partenaires les nouveaux développements scientifiques qui peuvent affecter leur évaluation des risques encourus par leurs différentes activités. Notons que dans le cas d’un couple qui respecte l’ensemble de ces conditions, il ne peut pas être question de la non-divulgation : ici, les partenaires séronégatifs sont au courant du statut de séropositivité de leur partenaire.
Quelle est l’importance de ce Consensus québécois ?
Après la publication de l’énoncé de la Commission fédérale suisse en 2008, les autorités de la santé publique de plusieurs pays et provinces se sont rapidement distancées de l’énoncé, n’étant pas prêtes à reconnaître qu’il y avait des situations dans lesquelles on pouvait affirmer que le risque de transmission du VIH est quasiment nul sans utilisation du moyen de prévention classique, soit le condom. Mais depuis ce temps, les recherches se sont poursuivies et l’intérêt pour l’utilisation des traitements comme moyen de réduire la transmission du VIH n’a cessé de croître.
Le Consensus québécois de l’INSPQ réaffirme non seulement ce que la Commission fédérale suisse a présentait en 2008, mais étend sa position aux couples homosexuels et à de différentes activités — que ce soit les relations orales, vaginales ou anales — et arrive à la même conclusion : lorsque sont respectées l’ensemble des conditions et même en l’absence d’utilisation du condom, le risque est quand même réduit au niveau « négligeable ou très faible ». Dans le contexte actuel où l’on insiste de plus en plus sur la prise précoce des traitements anti-VIH afin de réduire la transmission, voici enfin un bénéfice pour les couples qui répondent aux critères énumérés : ils peuvent utiliser ou non le condom sans s’exposer à des risques accrus de transmission entre eux.
Le Consensus ne fait pas de comparaison entre l’efficacité des condoms et la charge virale indétectable, car l’état des études actuelles ne permet pas d’arriver à de telles conclusions pour le moment. Il reconnaît aussi que si l’ensemble des conditions n’est pas respecté, il demeure plausible malgré tout que le risque soit moindre qu’avec une charge virale détectable, mais les études ne permettent pas de quantifier le risque ou la réduction du risque.
Et les autres nouvelles que nous entendons…?
Vous avez peut-être entendu parler du rapport intérimaire de l’étude Partners à la conférence CROI aux États-Unis. Celle-ci porte sur le suivi d’un nombre important d’actes sexuels des sujets de l’étude, avec et sans condoms, avec et sans ITSS, entre partenaires de sexe opposé tout comme de même sexe, et dans aucun cas y a-t-on observé une transmission du VIH. Gardons toutefois en mémoire qu’il s’agit de chercheurs partageant les résultats préliminaires d’une étude en cours. Généralement, on attend la fin d’une étude avant d’en tirer les conclusions; mais il semble que ces résultats préliminaires soient prometteurs.
L’autre élément qui a récemment fait les nouvelles était le consensus d’experts canadiens sur le VIH et la transmission dans le contexte du droit criminel au Canada. Ces experts font appel aux tribunaux afin qu’ils tiennent compte de la science actuelle afin de mieux comprendre et interpréter la transmission du VIH et ses conséquences sur la santé d’une personne, celles-ci ayant évoluées. Selon eux, les interprétations basées sur des informations incomplètes ou périmées mènent à des injustices. Cette situation doit être réglée le plus rapidement possible.
Conclusion
Le Consensus québécois, comme le suggère mon titre, est un guide servant à aider les couples sérodifférents à réduire les risques de transmission du VIH entre eux, en consultation avec leur médecin. Si le couple souhaite ne pas utiliser de condom comme moyen de protection, ce guide présente les différents éléments de suivi médical et de dépistage pouvant les aider à la prise de décision commune afin d’éviter la transmission.
Pour moi, le Consensus québécois est un important pas en avant. Il s’agit d’un énoncé officiel basé sur toutes les preuves scientifiques disponibles stipulant les conditions selon lesquelles un couple peut mettre en place des stratégies de prévention qui conviennent à leur situation, que celles-ci incluent ou non le condom. Les structures de la santé publique sont, de par nature, réticentes à s’adonner à des interprétations libérales et permissives quant à l’appréciation du risque. En d’autres mots, elles sont conservatrices et ne peuvent pas se permettre les mêmes sorties qu’un chercheur peut faire dans l’interprétation de résultats de recherche préliminaires ou celles d’un groupe d’experts débattant entre eux.
Souhaitons maintenant que les autres questions trouvent des réponses positives, basées sur d’autres études tout aussi concluantes. Le Consensus québécois est le pas en avant qui me fait croire que nos structures de santé publique continueront de reconnaître la validité des nouvelles données et s’engageront à les intégrer dans notre compréhension « officielle » du VIH et sa transmission. Vive la méthode scientifique!
18 June 2014
05 June 2014
Disingenuous
Another tragedy of significant enough proportion to merit comments from our federal politicians, and I am left cringing and rolling my eyes.
I am not without empathy. The shooting deaths of three RCMP officers and the wounding of two others in Moncton New Brunswick are unspeakable tragedies. I feel awful for their families and outraged that some guy seems to be wandering around armed and not afraid to shoot people. I am no less and no more affected by the untimely death of any person…well, more affected when it is someone I know, for sure.
What outrages me is the automatic glib response of politicians large and small. It usually goes something like this: “Our thoughts and prayers go out to their families.” I don’t for a second think that any of these people saying this actually spend any time thinking about those families, apart from the preparation of their comments, and I don’t know if they spend any time praying for them. As an atheist I don’t really think that prayer stuff means anything, but to each his or her own, I guess.
The transgression is in the automatism. “Thoughts and prayers” fall from the lips like leaves from trees in a windstorm in the fall. Meaningless in its repetition. I can see it getting shortened further, just to take up less time in the busy days of the politicians.
T and P, man.
*Like*
What might be meaningful is some sort of practical contribution to alleviate the ill effects of the tragedy. Support for those who have lost the principal salary-earner? Trauma counseling? But our politicians seem to be all show and no substance, seizing opportunities to bask in the public attention while taking away the supports that might, say, help returning veterans actually get over their terrible war experiences and return to civilian life. We get war memorials with impressive fly-pasts balanced against pension cuts, inadequate lump sum one-time payments and billing families for funeral costs.
What do I have for those politicians? T and P, man, T and P. In my case, however, T and P means Truth and Plausibility, but I have no confidence that my targets will know what to do with them.
I am not without empathy. The shooting deaths of three RCMP officers and the wounding of two others in Moncton New Brunswick are unspeakable tragedies. I feel awful for their families and outraged that some guy seems to be wandering around armed and not afraid to shoot people. I am no less and no more affected by the untimely death of any person…well, more affected when it is someone I know, for sure.
What outrages me is the automatic glib response of politicians large and small. It usually goes something like this: “Our thoughts and prayers go out to their families.” I don’t for a second think that any of these people saying this actually spend any time thinking about those families, apart from the preparation of their comments, and I don’t know if they spend any time praying for them. As an atheist I don’t really think that prayer stuff means anything, but to each his or her own, I guess.
The transgression is in the automatism. “Thoughts and prayers” fall from the lips like leaves from trees in a windstorm in the fall. Meaningless in its repetition. I can see it getting shortened further, just to take up less time in the busy days of the politicians.
T and P, man.
*Like*
What might be meaningful is some sort of practical contribution to alleviate the ill effects of the tragedy. Support for those who have lost the principal salary-earner? Trauma counseling? But our politicians seem to be all show and no substance, seizing opportunities to bask in the public attention while taking away the supports that might, say, help returning veterans actually get over their terrible war experiences and return to civilian life. We get war memorials with impressive fly-pasts balanced against pension cuts, inadequate lump sum one-time payments and billing families for funeral costs.
What do I have for those politicians? T and P, man, T and P. In my case, however, T and P means Truth and Plausibility, but I have no confidence that my targets will know what to do with them.
01 June 2014
Un regard sur l’avenir
An English version of this article is published on PositiveLite.
Il y a quelques semaines, mon organisme a reçu une demande de la part d’une journaliste avec une mission spéciale. Son journal préparait un cahier spécial sur l’avenir du Québec et son rôle était de couvrir les questions de la santé. Nous avons répondu à son invitation de discuter du VIH au Québec en 2024 avec un gros « oui ».
Notre après-midi de réflexion comme équipe et mon entrevue avec elle d’au moins une demi-heure se traduisait (de ce que nous avons vu dans l’édition web) en deux lignes, avec une faute dans mon nom (ça m’arrive trop souvent). Insatisfait avec cela comme résultat et assez content du fruit de notre réflexion, je pensais que ce serait intéressant de partager notre vision ici. Gardons à l’esprit que le reste de ce billet s’écrit de l’année 2024…
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Tout commence par un grand titre dans le journal : Les statistiques de l’année 2023 démontrent qu’il n’y a pas eu de transmission du VIH au Québec au cours de l’année.
Comment sommes-nous rendus à ce résultat? Plusieurs facteurs y ont contribué.
Premièrement, des traitements efficaces avec peu d’effets indésirables sont facilement disponibles au Québec depuis une quinzaine d’années. Ces traitements permettent d’améliorer la qualité et l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH jusqu’au point d’égalité avec leurs pairs qui n’ont pas le VIH. Plusieurs études ont démontré que l’efficacité des traitements pour contrôler la charge virale sert également à rendre nul le risque de transmission.
De plus, il y a un consensus de santé publique à l’échelle mondiale de l’absence de risque de transmission par une personne vivant avec le VIH dont la charge virale est bien contrôlée en continue.
Deuxièmement, il y a eu une intensification des efforts de prévention et de conscientisation par rapport au VIH et aux autres infections transmissibles sexuellement et par voie sanguine.
La réussite des interventions auprès des personnes utilisatrices de drogues par injection — telles les services d’injection supervisée, les échanges de seringues, les liens vers les services de désintoxication adaptés et la réinsertion sociale (l’intervention globale pour la santé de la personne) — a servi de modèle pour l’intensification des efforts auprès de toutes les populations.
Le programme d’éducation à la sexualité est bien implanté dans les écoles et sert à encourager les jeunes à développer une sexualité saine et bien informée qui répond aux besoins et attentes de chacun. La gêne et le jugement ne font pas partie de ce programme.
Le dépistage est facilement disponible et adapté aux besoins des différentes populations. On voit le dépistage comme une façon normale de prendre en main sa santé, sans stigmatisation.
Il y a eu des campagnes d’information et de sensibilisation tant pour le grand public que pour des populations plus ciblées qui permet à toute la population de bien comprendre les moyens de transmission et de prévention, ainsi que les réalités vécues par des personnes vivant avec le VIH. Ces campagnes permettent une déstigmatisation du VIH et la normalisation de la vie des personnes qui ont été infectées dans le passé.
Il y a une grande disponibilité et compréhension de l’ensemble des outils et stratégies pour prévenir la transmission du VIH. Condoms et seringues sont librement disponibles pour ceux et celles qui en ont besoin, tout comme le soutien psychosocial, les traitements efficaces et les interventions de prophylaxie pré- ou post-exposition.
Troisièmement, des moments déterminants ont marqué le début de la fin de différentes pratiques discriminatoires qui ont frustré les actions dans le passé.
Il y a eu adoption de la position de l’ONUSIDA sur la question de la criminalisation du VIH : les poursuites sont limitées au cas de transmission intentionnelle du VIH et sont plutôt très rares, sinon inexistantes. Il n’y a pas eu de poursuite à cet égard au Québec depuis plusieurs années.
L’impact positif des traitements sur la qualité et l’espérance de vie des personnes vivant avec le VIH ont fait tomber des pratiques discriminatoires à l’emploi et aux assurances : il n’y a plus de justification d’exclusion de ces personnes et dans plusieurs litiges, des plaignants séropositifs ont eu gain de cause.
On voit clairement que l’élimination de la transmission du VIH s’est réalisée grâce à la combinaison de deux éléments : la reconnaissance et l’application de l’état de la science et le respect des droits de la personne. Dans l’absence de la stigmatisation, on peut discuter et déployer ensemble des stratégies efficaces de prévention.
Le VIH en soi n’est pas encore guéri, mais les chercheurs poursuivent des pistes de recherche qui promettent de mener à la guérison et à un vaccin efficace dans l’avenir proche.
Il reste aussi le défi de solidarité internationale : si nous avons réussi à éliminer la transmission du VIH au Québec et si nous sommes en voie de découvrir une guérison et un vaccin préventif, nous ne pouvons pas passer le devoir de partager notre réussite avec d’autres pays et populations qui n’ont pas nécessairement nos moyens financiers et de les aider à mettre en place les mêmes conditions de réussite.
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De retour au présent. Je ne crois pas que nos réflexions soient le produit de rêves irréalistes. Tous les éléments sont entièrement faisables avec un peu d’effort et détermination. Nous avons commencé par le grand titre de journal, mais nous avons également tracé une piste pour nous y rendre. Et la question à 100 000 $ : nos leaders politiques, ont-ils la détermination que ça va prendre?
24 April 2014
Éducation et conscientisation : partout et toujours
Il est mercredi, le 23 avril 2014 et j'arrive à Montpellier après un longue déplacement de Montréal, n'ayant pas dormi durant le vol à Paris. Je me permets de prendre un taxi de l'aéroport jusqu'à l'hôtel où je vais rester les prochains jours pour une réunion de la Coalition PLUS menant à la conférence AFRAVIH, le 7e conférence internationale francophone sur le VIH et les hépatites virales.
J'échange des plaisanteries avec le chauffeur de taxi, type « Vous venez d'où ? » « Je viens de l'hiver » (pas drôle : nous avons eu un peu de neige à Montréal la semaine passée!) Après plusieurs échanges, il me demande enfin ce que je fais comme travail et je sais que le moment est arrivé, le moment où j'enlève mon chapeau de passager dans un taxi pour le remplacer par le chapeau d'éducateur.
Pour les personnes vivant avec le VIH et pour les gens qui travaillent dans le domaine du VIH, ce rôle s'impose partout et toujours. Si le VIH n'a pas touché la vie de la personne rencontrée, elle va avoir beaucoup de questions et d'images de l'épidémie qui ne correspondent pas nécessairement à la réalité d'aujourd'hui. Si on s'identifie comme personne vivant avec le VIH, on peut y ajouter un peu de peur et enlever un peu de courage à poser des questions. Dommage. Personne ne devrait retenir sa curiosité ni sa capacité d'informer les autres par ses connaissances et son vécu.
Dans mon cas, le chauffeur a commencé par une affirmation que le VIH (le sida, selon sa terminologie) est toujours présent, mais que le public semble l'avoir oublié. Porte ouverte, je plonge dans mes propres opinions sur le niveau de conscientisation du public dans les pays développés, en passant par l'information sur les avancés par rapport au traitements et comment que le VIH se vit avec un suivi médical approprié. J'espère avoir partagé de l'information qu'il va retenir et que cette information change au moins légèrement sa perspective sur le VIH en 2014.
J'aime ce rôle ainsi que ma capacité de choisir mon identité dans l'échange. Mon travail ouvre la porte, mais je peux également aller plus loin en m'identifiant comme personne vivant avec le VIH si je pense que ça va contribuer à l'expérience d'apprentissage de la personne que je rencontre. J'ai eu ces échanges en personne et même via les applications de rencontres. Oser s'identifier, que ce soit par profession ou par statut sérologique, est le meilleur premier pas vers la conscientisation du public aux réalités du VIH aujourd'hui.
Je soupçonne que des rencontres telles la mienne avec mon chauffeur de taxi vont être nombreuses au cours de la semaine à venir. C'est la meilleure raison de faire déplacer des conférences un peu partout dans le monde : il y a toujours en marge de la conférence et des réunions connexes une certaine éducation et conscientisation qui aura lieu. Une bonne occasion pour faire apparaître une campagne publicitaire à l'intention de la population (comme à Washington lors de la conférence mondiale) et des rencontres plus informelles qui permettent aux participants dans les conférences de contribuer à un discours public qui n'est pas toujours nourri par les données les plus récentes.
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J'échange des plaisanteries avec le chauffeur de taxi, type « Vous venez d'où ? » « Je viens de l'hiver » (pas drôle : nous avons eu un peu de neige à Montréal la semaine passée!) Après plusieurs échanges, il me demande enfin ce que je fais comme travail et je sais que le moment est arrivé, le moment où j'enlève mon chapeau de passager dans un taxi pour le remplacer par le chapeau d'éducateur.
Pour les personnes vivant avec le VIH et pour les gens qui travaillent dans le domaine du VIH, ce rôle s'impose partout et toujours. Si le VIH n'a pas touché la vie de la personne rencontrée, elle va avoir beaucoup de questions et d'images de l'épidémie qui ne correspondent pas nécessairement à la réalité d'aujourd'hui. Si on s'identifie comme personne vivant avec le VIH, on peut y ajouter un peu de peur et enlever un peu de courage à poser des questions. Dommage. Personne ne devrait retenir sa curiosité ni sa capacité d'informer les autres par ses connaissances et son vécu.
Dans mon cas, le chauffeur a commencé par une affirmation que le VIH (le sida, selon sa terminologie) est toujours présent, mais que le public semble l'avoir oublié. Porte ouverte, je plonge dans mes propres opinions sur le niveau de conscientisation du public dans les pays développés, en passant par l'information sur les avancés par rapport au traitements et comment que le VIH se vit avec un suivi médical approprié. J'espère avoir partagé de l'information qu'il va retenir et que cette information change au moins légèrement sa perspective sur le VIH en 2014.
J'aime ce rôle ainsi que ma capacité de choisir mon identité dans l'échange. Mon travail ouvre la porte, mais je peux également aller plus loin en m'identifiant comme personne vivant avec le VIH si je pense que ça va contribuer à l'expérience d'apprentissage de la personne que je rencontre. J'ai eu ces échanges en personne et même via les applications de rencontres. Oser s'identifier, que ce soit par profession ou par statut sérologique, est le meilleur premier pas vers la conscientisation du public aux réalités du VIH aujourd'hui.
Je soupçonne que des rencontres telles la mienne avec mon chauffeur de taxi vont être nombreuses au cours de la semaine à venir. C'est la meilleure raison de faire déplacer des conférences un peu partout dans le monde : il y a toujours en marge de la conférence et des réunions connexes une certaine éducation et conscientisation qui aura lieu. Une bonne occasion pour faire apparaître une campagne publicitaire à l'intention de la population (comme à Washington lors de la conférence mondiale) et des rencontres plus informelles qui permettent aux participants dans les conférences de contribuer à un discours public qui n'est pas toujours nourri par les données les plus récentes.
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17 March 2014
Je suis [toujours] seropositif!
Vous vous souvenez peut-être de la campagne « Je suis séropositif » de la Coalition des organismes communautaires de lutte contre le sida. La première édition de cette campagne a été lancée fin novembre 2012 avec cinq porte-paroles courageux. Cette communauté d’affirmation est en plein croissance, avec de nouveaux participants prêts à se tenir debout et dire au monde « Je suis ici, je suis séropositif et je suis une personne à part entière, avec des plans, des rêves et des expériences à partager avec vous. » La deuxième édition de la campagne est sortie cette année, avec deux nouvelles vidéos en novembre et trois autres vidéos en février. Je suis heureux de vous dire que je figure dans le groupe de cette année, donc j’ai pensé vous montrer la campagne à nouveau et vous raconter mes raisons de participer.
Le principe est simple : les gens sont beaucoup moins apte à craindre ou à ignorer d’autres personnes quand ils les perçoivent comme des vraies personnes. Communiquer son humanité dans une courte vidéo d’environ deux minutes est tout un défi, mais c’est au moins un début, quelques pas sur le chemin vers la familiarité.
Au cours de la première année, il y avait beaucoup d’incertitudes : quelles réactions pouvions-nous attendre du public? Les porte-paroles, feraient-ils face à des situations négatives? Des questions trop personnelles? En effet, toutes les inquiétudes qui arrivent quand on pense à divulguer son statut sérologique à une nouvelle personne. Et tout comme le déroulement de ce processus individuel, le processus virtuel de divulgation via la campagne a mené à la compassion, l’encouragement et le respect.
Donc, pourquoi ma participation? J’ai créé ce blogue à la fin de 2006 parce que je tiens à l’approche de la campagne actuelle. Il serait impossible pour quelqu’un qui me connaît de me craindre ou de m’haïr (évidemment je suis convaincu de mon amabilité!). Nous avons tous témoigné la réussite de cette approche avec les communautés LGBT — quand les membres de cette communauté sortent du placard en nombre, il devient plus difficile de les traiter de moindre. Oui, il reste des progrès à réaliser pour cette communauté aussi, mais l’élément incontournable est la familiarité.
C’est une chance que la campagne ne dépend pas de la surprise, parce que je suis depuis pas mal de temps relativement ouvert avec mon statut de séropositivité. Cependant, je me trouve assez régulièrement dans des situations où je divulgue pour une première fois à quelqu’un, avec tout ce que ça continue à entraîner. Il y a quelques années, j’ai fait une entrevue télévisée au cours de ma participation à Ça Marche (notre marche annuelle de lutte contre le VIH/sida au Québec). Un couple de jours plus tard, ma voisine qui a emménagé à notre adresse quelques jours avant moi il y a vingt ans m’a dit qu’elle a vu l’entrevue et nous avons discuté de ma santé devant l’escalier en avant. Sa santé aussi. Tout le monde aime parler de ses réalités et trouver les parallèles dans les vies des autres.
Bien que ma séropositivité a une certaine notoriété — on peut le lire sur l’en-tête de ce blogue! — je voulais prendre ce pas additionnel en solidarité avec ceux et celles qui sont allés devant moi et avec tout le monde qui pourrait bénéficier d’un peu plus de familiarité du grand public en lien avec le VIH. Est-ce que j’ai réussi?
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16 March 2014
Signs of an Election
Ah, the election signs. They pollute our view of the city for all of the rather short 33 days of the campaign, and for much longer afterward, until they are scavenged for other uses. One of the better uses has been by artist Yvon Goulet, who uses the fronts of these corrugated communicators as canvasses for his art with an urban edge.
Until they can be salvaged and transformed, however, they are out there trying to persuade us to vote for party X and candidate Y. And they are generally out there early, too, as candidates jump the gun to have their posters out there even before the election writ is dropped, if only by a few hours. So shall we have a look at this election’s crop of imagery?
Parti québécois (PQ)
I’ll start with the Parti québécois, the governing party (at least that’s where they were at the beginning). This time they have gone with a very simple approach: name of the party very prominently, large colour photo pf the candidate with the first and last names printed across the chest to the left (from the viewer’s perspective) and the party logo at bottom right with the web address in simplified form and the Facebook and Twitter logos to entice us to look for content elsewhere.
My first reactions to these, apart from being annoyed at how they went up overnight the day before the election call, was to note that this is the first time I remember seeing the PQ logo presented all in white. I speculated that this might be the effect of the party’s proposed Charte des valeurs (the real name of the legislation ended up far too long to remember): excluding all the colours and variety. In the search for images on the web, I discovered that this is in fact not the case, as it was all white last time around, too! I stand corrected, but not chastened…the imagery of the all-white logo in the context of this divisive social debate is fascinating.
Parti liberal du Québec (PLQ)
The Liberal Party would have done well to follow the simplicity example laid down by the PQ. They have gone with prominent slogan — or at least the first word of the slogan is prominent, as the other words are too small to read except from a very proximate position. Even the Ensemble loses its punch on the bilingual version of the posters that are to be seen in some areas. (Apologies for the fuzziness of the second photo: I was waiting for a bus after seeing a movie and took it with my phone in the cold.)
If even the most prominent word on the poster is at times difficult to make out, the candidates’ names are even harder to discern. I wouldn’t be hiring the same firm next time around if I were the PLQ.
Coalition Avenir Québec (CAQ)
The CAQ might have the most graphically interesting posters. I have always found their logo — if not their policies — very pretty and interesting. This time around, they are taking full advantage of that by deconstructing the colourful logo or showing parts of it only in the images. The actual posters outside (and here I am relying on what I found online, as they seem not to be spending a lot of time promoting their candidate in my part of town, where they finished 4th last time out, with just under 15% of the vote) have a black and white photo of the candidate with the full colour logo and the name of the candidate. Sometimes, it’s just the top or the bottom of the logo and that lends an air of sophistication to the whole campaign. Or at least the visuals.
One of my colleagues has pointed out that in some regions of Québec, the slogan On se donne Legault takes a turn for the juvenile, as le go is slang for diarrhoea, which has got to be unfortunate for them.
Québec solidaire (QS)
Québec solidaire might be poised to pick up a couple more seats in central Montréal because of the perceived right-wing turn of the PQ, and they are running hard, with posters that went up almost as early as everyone else’s. Unlike everyone else, however, they have a series of issues-oriented messages almost as abundant as their candidate posters. I kind of like the sharp candidate photo with the blurred (and oranged) background, but I would have to say that the posters are a bit wordy and there is a bit of a disconnect between voting with your head (as the slogan would have it) and the omnipresent heart pictogram.
On the issues posters, there are unfortunately two different styles. And as I paired them up I discovered that there are different dimensions, too, as some have text trimmed from them for me to fit them into the same space. I like the ones with the photos, as they really click with the whole of the campaign. The messages on the other ones are attractive too, but the hors série look doesn’t help make for a cohesive campaign. I will confess, though, that I have not seen the plain colour ones anywhere but on the Facebook page of the party…the only ones on poles outdoors are the ones that fit together with the candidate posters.
Oh, and one more thing that I wanted to share, especially in light of our divisive Charter debate: from a distance, I was sure that the young woman pictured with the metrosexual guy in the Québec libre poster was wearing a hijab. It wasn’t until I got much closer that I realized it was a knitted hat, and that made me chuckle all the more, as the distinction between the two is so very artificial.
Parti vert du Québec
Oh come on now! If you can afford to put a full-colour photo of your leader on your posters (only one model out there, all leader, no local candidates) and you can spend money on having them all over the place (how ecological is that?), you could at least deploy a little creativity to take your look beyond high school.
Option nationale
You would think that Option nationale might have a stronger presence in my sovereignist neighbourhood, but no. No posters here; all images drawn from their Facebook page. They probably have even fewer resources than the Greens (don’t quote me on that though — ON seems to have a campaign car and maybe it’s still too cold, but I haven’t seen any campaign bicycles for the Greens), but they have managed to put together some imagery that looks sophisticated and a simple well-constructed slogan. They couldn’t contain themselves, though, and tended toward the wordy in some versions.
Parody and graffiti
Sometimes it is very funny to see what people can do to the posters that are all out there for us to appreciate — and apparently write on! Sometimes the graffiti is just not clever and downright offensive. If you want to see ongoing examples of both, I would suggest this Tumblr, which seems to be posting regularly. Two that I will talk about, however, are parodies done with computer graphics rather than felt markers.
The first is my own, of which I am excessively proud. Since the announcement only one week ago of the candidacy of Pierre-Karl Péladeau (PKP) for the PQ, there have been big waves in the campaign, and not necessarily all in the direction that the PQ hoped for. Here was a successful entrepreneur coming out clearly in favour of Québec independence, which might be a boost if that is your issue. However, PKP comes with some other baggage, notably a huge number of lockouts of his employees and the exploitation of gaps in the anti-scab law that made it possible for his company to hire telecommuting journalists to replace the locked-out ones. For a party like the PQ that used to have a left wing (this has been a bloody stump for quite some time now, regularly hacked off), the Lockout King of Québécor might also be the cause of lost votes to the left.
So, while I am not the inventor of the name “Parti Québécor” I did take the logo of the media conglomerate and put it into the format of this campaign’s representation of the Parti québécois, even replacing the “Q” with the PQ’s traditional logo, but in black to go with the company name.
A well-meaning young woman photoshopped a hijab onto the election poster featuring PQ leader Pauline Marois. While the symbolism of this image is interesting and the young woman herself says she thinks the Première ministre looks beautiful in it, the act plays into the hands of the supporters of the Charte des valeurs, in my opinion. She has imposed a hijab on Pauline Marois (as opposed to Mme Marois having chosen to wear it) and in doing so she has also covered up (erased) Mme Marois’ name. That’s too bad. It might have been a stronger message to put the hijab on Bernard Drainville, the minister responsible for the Charte, subverting the symbolism and erasing the identity of a man for a change.
TV ads, too!
From an article on the site of l’Actualité, but rearranged into the order of presentation above, and selecting only one per party:
(I guess the high school camcorder was not available for the other two.)
15 February 2014
How [not] to choose a movie
I confess: I’m shallow. And easy. I’m a total sucker for a pretty face, especially when it’s attached to a pretty torso that may or may not be fully covered by the work of some costumier with any degree of consistency in the film projected before me. However, after a few experiences of stories that I didn’t particularly care for (or that didn’t really hold together), should I put into question this movie selection method?
Now I won’t deny that there were some lovely shots in these three films, but the stories either failed to make me laugh (when they were trying) or succeeded (when they were not) and provoked so much rolling of eyes that I almost needed to recover with a sleep mask when I got home.
So have I learned my lesson? Well, Pompeii is coming out next week, right Jon Snow (Kit Harrington)?
I don’t get the fuss
Self-important like their hair
And no abs to scam
Self-important like their hair
And no abs to scam
The boy can wear clothes:
suits, jeans and sweats. But the tale?
Beneath his talent.
suits, jeans and sweats. But the tale?
Beneath his talent.
Horse-dog and a man
Who lives forever to save
Not this, but that one
Who lives forever to save
Not this, but that one
Now I won’t deny that there were some lovely shots in these three films, but the stories either failed to make me laugh (when they were trying) or succeeded (when they were not) and provoked so much rolling of eyes that I almost needed to recover with a sleep mask when I got home.
So have I learned my lesson? Well, Pompeii is coming out next week, right Jon Snow (Kit Harrington)?
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